Claude Roquet

 

Monsieur Roquet est né en décembre 1929, à Montréal. Après avoir étudié la théologie, à Joliette, il s’est lancé dans des études en sciences politiques, à l’université d’Ottawa, à l’issue desquelles il entre au ministère des Affaires extérieures, en septembre 1953, à l’âge de 23 ans.

 

Dès 1954, il est envoyé au Liban où il se perfectionne en langue arabe. Suivront des affectations à Londres, au Caire puis en Turquie.

De retour à Ottawa, en 1964, il travaille au sein de la direction de Liaison de défense puis est nommé en 1966, responsable des Affaires françaises et européennes à un moment où le Québec commence à développer une relation particulière avec la France. De directeur de l’Europe occidentale, il passe conseiller du sous-ministre chargé des relations fédérales-provinciales avant d’être promu directeur général de la coordination. Déjà à cette époque, Claude Roquet est écouté et influent.

 

Les évènements de la fin des années 1970 entraînent pour Claude Roquet une nouvelle étape dans sa carrière puisqu’il est chargé par son employeur de la délicate mission d’accompagner les Felquistes à Cuba, une partie de sa vie professionnelle qui l’a marqué et qu’il racontait toujours avec énormément d’éloquence et de passion.

 

En 1973, le Gouvernement fédéral l’affecte en qualité de secrétaire général adjoint à l’Agence de coopération culturelle et technique, l’ancêtre de l’OIF, à Paris où il demeure 3 années. C’est son premier séjour parisien. De retour à Ottawa, en 1976, on lui offre le poste de sous-ministre adjoint aux Affaires politiques, poste que volontairement il va quitter au bout d’un an, car il décide de se mettre à la disposition du gouvernement du Québec.

 

Là commence une nouvelle carrière diplomatique. Son départ du Fédéral suscite des regrets tant il est apprécié à Ottawa.

En 1977, Claude Roquet est conseiller aux relations internationales et fédérales-provinciales au sein du ministère des Ressources naturelles. Puis, un an plus tard, en 1978, sous-ministre associé à l’Énergie. Il siège au conseil d’administration d’Hydro-Québec, de la Société d’énergie de la Baie James et d’Hydro-Québec International. En 1981, il intègre le ministère des Relations internationales en qualité de sous-ministre associé.

 

Il revient alors à Paris où il exerce, de 1983 à 1986, des fonctions à la Délégation générale du Québec en tant que délégué aux Affaires francophones et multilatérales.

 

C’est l’époque où le projet d’un sommet de la Francophonie, tant souhaité par le président sénégalais, Léopold Sedar Senghor, et le président tunisien, Habib Bourguiba, prend vie. Le président Mitterrand décide que ce Sommet se déroulera, avant les échéances électorales du printemps, soit en février 1986, à Versailles, et désigne l’ambassadeur Jacques Leprettre comme son représentant personnel dans la préparation de ce sommet. Les collaborateurs du « sherpa » Leprette sont, entre autres, Lucien Bouchard, ambassadeur du Canada en France, Louise Beaudoin, déléguée générale du Québec à Paris, les ambassadeurs du Sénégal et de Tunisie, et Claude Roquet.

 

Les travaux sont rondement menés. Le premier sommet de la francophonie peut se tenir à Versailles, en février 1986, « sur un canevas largement québécois ». Une quarantaine de pays y participent. Le Canada y reçoit un traitement de faveur, le Québec est également à l’honneur. Il sera d’ailleurs admis dorénavant à y siéger avec le statut de « gouvernement participant ».

 

Après Paris, le Gouvernement du Québec nomme Claude Roquet délégué général du Québec à Bruxelles pour trois ans puis il revient à Québec pour la même durée. Ce sera son dernier poste au Québec, ô combien prestigieux puisqu’il est responsable d’une des plus importantes directions du ministère des Relations internationales, la direction générale France.

 

Fin connaisseur de la politique française et des enjeux québécois, c’est tout naturellement que le premier ministre Bourassa le nomme délégué général du Québec à Paris en 1993. Ce sera sa dernière affectation à l’étranger et le couronnement d’une brillante carrière de diplomate.

 

Claude Roquet était Commandeur dans l’Ordre national du Mérite de France.