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Charest commémore les 50 ans de la représentation du Québec
à Paris

Le premier ministre Jean
Charest a terminé sa tournée à Paris en
dévoilant une plaque commémorant l'ouverture,
il y a 50 ans, de la représentation
québécoise dans la capitale française. La
Délégation générale du Québec à Paris est la
seule à avoir un statut diplomatique.
« Ces lieux ont été
témoins des premiers pas de la relation
entre le Québec et la France et, de fait,
des premiers pas de la diplomatie québécoise
moderne », a déclaré le premier ministre
Jean Charest.
Cette Maison du
Québec constitue en quelque sorte le
berceau de l'action internationale
du Québec. Il s'agit, à ce titre,
d'un lieu de mémoire exceptionnel.
— Jean Charest
Ce dévoilement
s'inscrivait dans une série d'activités
commémoratives auxquelles a participé le
premier ministre du Québec cette semaine à
Paris.
Jean Charest a profité de
l'occasion pour rendre hommage à Paul
Gérin-Lajoie, à l'origine de la doctrine qui
guide les activités internationales du
Québec depuis près d'un demi-siècle, à
savoir que le Québec peut agir à l'étranger
dans ses domaines de compétence.
L'ancien ministre,
aujourd'hui âgé de 92 ans, a prononcé en
1965 un discours devant le corps consulaire
de Montréal qui allait passer à l'histoire.
Alors vice-premier ministre du Québec, Paul
Gérin-Lajoie voulait simplement souligner
que la province canadienne possédait la
capacité juridique d'exercer ses compétences
constitutionnelles sur le plan
international, et pouvait donc participer
pleinement à tous les débats internationaux
qui le concernent. Cette doctrine, qui a
d'abord servi des besoins ponctuels, est
devenue la base de la plupart des actions
internationales du Québec.
En octobre 1961,
le premier ministre Jean Lesage a
inauguré la Maison du Québec à
Paris, devenue la Délégation
générale du Québec à Paris en 1964.
Le délégué général du Québec à Paris
a alors obtenu un statut
diplomatique. Quelques années plus
tard, le reste de la délégation a
également obtenu ce statut,
normalement réservé aux
représentants d'États souverains.
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La Délégation «doit
servir de tremplin pour consolider
l'image que le Québec projette à
l'échelle internationale»
Photo :
Jacques Nadeau - Le Devoir
La Délégation
générale du Québec à Paris doit
consolider ses acquis tout en
poursuivant ses actions à l'échelle
politique, culturelle et économique.
Tel est l'essentiel du message de
Monique Gagnon-Tremblay, titulaire
du ministère des Relations
internationales. Entretien.
On aura compris que Mme
Gagnon-Tremblay est aux premières
loges lors des célébrations du 50e
anniversaire de la Délégation
générale du Québec à Paris. «C'est
une grande fête. On célèbre les 50
ans de la présence du Québec à
Paris. Et, quand on regarde le passé
et qu'on regarde l'avenir, vous
comprendrez qu'il s'est fait
beaucoup de choses en 50 ans», lance
d'entrée de jeu la ministre.
«Ce qui est exceptionnel au sujet de
notre Délégation à Paris, c'est
qu'elle jouit des avantages qu'on
accorde habituellement à une
ambassade. Elle se démarque ainsi de
toutes les autres Délégations que
nous avons dans le monde. Elle
profite d'une relation directe et
privilégiée entre le Québec et la
France, qui s'exprime à travers ce
dispositif diplomatique en vertu
duquel le Consulat général de la
France à Québec et la Délégation
générale du Québec à Paris assurent
sans intermédiaire les
communications de gouvernement à
gouvernement.»
Le fait français
L'autre élément qui distingue cette
Délégation par rapport à ses
consoeurs québécoises à l'échelle
internationale est le fait du
parrainage de l'Entente
Québec-France sur la reconnaissance
mutuelle des qualifications
professionnelles. Cette entente, qui
s'inscrit comme l'un des chantiers
importants du nouvel espace
économique du Québec, selon la
ministre Gagnon-Tremblay, a été
signée le 17 octobre 2008 par le
premier ministre du Québec, Jean
Charest, et le président français,
Nicolas Sarkozy.
L'entente vise à faciliter et à
accélérer l'acquisition d'un permis
pour l'exercice d'une profession,
d'une fonction ou d'un métier
réglementé au Québec ou en France
par l'adoption d'une procédure
commune de reconnaissance des
qualifications professionnelles. La
documentation gouvernementale note
que, depuis sa mise en service, une
centaine d'autorités
professionnelles ont appliqué cette
procédure, permettant, là où une
équivalence globale existait, la
conclusion d'un arrangement de
reconnaissance mutuelle des
qualifications. «C'a été un moment
historique, la signature de cette
entente», tient à rappeler la
ministre.
La Délégation générale du Québec à
Paris ne se distingue-t-elle pas par
le fait français? «Oui, c'est vrai
qu'il y a le fait français. Mais je
vous dirais que, si c'est le cas
pour Paris, ce l'est également à
l'échelle internationale. Quand on
parle du fait français, il faut
rappeler que c'est avec la France
que nous avons cheminé dans
l'optique de nos relations
internationales à l'échelle de la
Francophonie. Si nous sommes
considérés comme des partenaires à
part entière au sein de
l'Organisation internationale de la
Francophonie, c'est grâce aux
Français, qui nous ont donné un coup
de main.»
Un tremplin
Si la Délégation générale du Québec
à Paris a servi de carrefour
politique, culturel et économique au
cours des 50 dernières années, le
bagage d'expérience accumulée «doit
servir de tremplin non seulement
pour consolider nos acquis, mais
aussi pour consolider l'image que le
Québec projette à l'échelle
internationale. Le Québec est bien
perçu dans le monde. Le Québec est
présent dans 17 pays et dans 28
villes. Nous célébrons les 50 ans de
la présence du Québec à Paris, mais
nous célébrons de plus les 40 ans de
la présence du Québec en Allemagne,
en Bavière. Nous sommes au Japon
aussi depuis 40 ans. Nous sommes en
Italie depuis longtemps, nous sommes
présents en Angleterre et nous
sommes présents à New York depuis 60
ans.»
La ministre Gagnon-Tremblay tient à
souligner que le gouvernement du
Québec ne pourrait plus se passer de
ses bureaux internationaux et de ses
Délégations. «Ils sont absolument
essentiels, dit-elle en ramenant,
par la même occasion, la
conversation vers la France. Ce qui
est intéressant en ce qui concerne
la France, c'est que le Québec
travaille étroitement avec les
régions françaises en développant
des programmes de coopération et en
misant sur eux. Et cette coopération
emprunte la voie des visites
ministérielles.»
Cette collaboration, observe encore
Mme Gagnon-Tremblay, est rendue
possible par l'entremise de la
Commission permanente de coopération
franco-québécoise. «Cette année,
précise-t-elle, une centaine de
projets de collaboration [auront
lieu] qui totalisent 1,4 million de
dollars. Cela mettra à contribution
des chercheurs, des ministères, des
artistes, des créateurs, des
représentants des milieux
associatifs et privés et d'autres
encore.»
En conclusion, Monique Gagnon-Temblay
rappelle que le parcours de la
Délégation générale du Québec à
Paris a posé «de grands jalons pour
que la prochaine génération puisse à
son tour mener encore plus loin
cette relation unique que nous
entretenons avec la France».
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Photo :
Source ministère des relations
internationales
Après 50 ans de
présence en France, la Délégation du
Québec à Paris a réussi à faire
reconnaître, indéniablement, la
dimension culturelle qui unit les
deux nations. Elle tente aujourd'hui
d'aller chercher la même
reconnaissance dans le secteur
économique et compte, notamment, sur
le Plan Nord pour y arriver. C'est
du moins le défi que s'est fixé le
délégué général du Québec à Paris,
Michel Robitaille.
Arrivé en poste il y a moins d'un
an, le délégué général s'est donné
pour mandat prioritaire de mettre en
valeur la dimension économique qui
unit la France et le Québec. «La
dimension culturelle est très
importante et bien reconnue, mais la
dimension économique de la relation
franco-québécoise, elle, est moins
connue. Alors, je me suis donné pour
mandat d'être très près des gens
d'affaires et d'appuyer, par
exemple, le cercle des dirigeants
d'entreprises franco-québécoises,
qui réunit des dirigeants
d'entreprises qui sont à la fois
implantées au Québec et en France,
et de les mettre en valeur.»
Selon lui, les gens commencent à
peine à comprendre l'importance de
la relation économique
franco-québécoise. Et pourtant, la
France est le troisième partenaire
européen, après l'Allemagne et le
Royaume-Uni, en matière
d'import-export. La relation est
encore plus importante, soutient-il,
en ce qui concerne la présence des
entreprises françaises au Québec.
À ce jour, quelque 400 entreprises
françaises sont établies au Québec
et 140 entreprises québécoises sont
présentes sur le territoire
français. «Dans la relation
franco-québécoise, il y a plusieurs
grandes entreprises françaises qui
ont choisi le Québec pour point
d'ancrage en Amérique du Nord,
explique Michel Robitaille. Je pense
par exemple à Ubisoft, un des plus
grands employeurs français au
Québec. Et c'est la même chose pour
les entreprises québécoises, comme
Bombardier et SNC-Lavalin, qui ont
leur point d'ancrage en France.»
Le délégué se réjouit de voir
s'achever le dossier de la
reconnaissance mutuelle de la
formation professionnelle. C'était
le dossier prioritaire des trois
dernières années après la signature,
en 2008, d'une entente par le
premier ministre du Québec, Jean
Charest, et le président français,
Nicolas Sarkozy. «En un peu moins de
trois ans, nous avons réussi à
signer 80 ententes qui couvrent à
peu près tous les secteurs de
formation professionnelle pour des
métiers qui pourraient être touchés
par une telle entente.»
De la centaine d'ententes possibles,
80 ont déjà été signées et une
soixantaine sont déjà en oeuvre, ce
qui permet une meilleure mobilité
des travailleurs et favorise les
entreprises travaillant sur les deux
territoires.
Cap sur le Plan Nord
L'autre facteur qui va aider le
délégué général dans sa mission de
mise en valeur des relations
économiques entre le Québec et la
France, c'est le fameux Plan Nord de
Jean Charest. «Les Français sont
très intéressés par le Plan Nord,
assure le délégué général. Il y a le
ministre [chargé de l'industrie]
Éric Besson qui a effectué une
mission il y a quelques semaines au
Québec, et cette coopération
franco-québécoise pour le
développement du Nord québécois va
certainement être un élément qui
sera au centre de notre coopération
franco-québécoise pour les
prochaines années.»
Selon lui, le Plan Nord va permettre
de développer de multiples liens
entre la France et le Québec sur le
plan de la recherche et de la
coopération économique dans le
secteur de l'environnement, du
développement durable et de
l'écotourisme, entre autres. «Il y a
présentement six chercheurs du
Centre national de la recherche
scientifique (CNRS) qui sont à
l'Université Laval, à la chaire
d'études nordiques, et qui
travaillent avec les chercheurs
québécois sur des enjeux du
développement du Grand Nord. C'est
une première pour le CNRS.»
Même Monaco, qui est couvert par la
Délégation générale du Québec à
Paris, s'est mis de la partie avec
la fondation du prince Albert II qui
finance un projet d'atlas de la
biodiversité du Grand Nord
québécois.
Diversité
Entre les activités de
représentation auprès des instances
politiques, l'organisation de
missions économiques, les rencontres
de négociations avec des partenaires
et le développement d'un réseau de
contacts dans tous les domaines à
l'intention des Québécois qui se
rendent en France, le délégué
général du Québec à Paris veille à
assurer une plus grande visibilité
du Québec sur l'ensemble du
territoire français. Et, sur ce
plan, le 50e anniversaire de la
délégation lui permet de déployer
tous ses atouts.
Depuis avril dernier, on ne compte
plus les activités qui se déroulent
dans la capitale et en région. Il y
a eu le spectacle musical Le Québec
prend la Bastille, la restauration
de la place du Québec à
Saint-Germain-des-Prés, la création
d'un concours radiophonique sur les
chansons francophones les plus
appréciées du public français,
l'organisation de colloques qui
rappellent les hauts faits de la
coopération, la création d'un prix
d'excellence pour les entrepreneurs
franco-québécois et même
l'organisation d'un festival des
arts numériques pour faire valoir
l'expertise québécoise dans ce
domaine.
À travers toutes ces festivités,
Michel Robitaille tente de faire
briller le Québec à tous les niveaux
et sur tout le territoire. «Mon
objectif était de mettre en valeur
ce qui est fait par la coopération,
les secteurs d'excellence et de
grandes réussites, mais également de
refléter la diversité de la
délégation franco-québécoise, alors
j'ai trouvé des partenaires tant des
secteurs privé que public pour
l'organisation de manifestations qui
touchent tous les secteurs.»
Et, pour sortir de la région
parisienne et faire rayonner le
Québec dans toute la France, la
délégation mise notamment sur
l'Association France-Québec,
composée de milliers de bénévoles
amoureux du Québec qui organisent,
dans 63 régions de la France, des
activités visant à faire la
promotion du Québec. «Ce sont des
gens qui, par dévouement et par
intérêt du Québec, deviennent des
relayeurs de la Délégation générale,
soutient Michel Robitaille. C'est un
réseau très précieux pour nous,
parce que ses membres sont sur
l'ensemble du territoire, ils
connaissent très bien les
associations et ils font vivre cette
relation franco-québécoise au
quotidien.» C'est, selon lui, l'un
des fleurons de la délégation, avec
l'Office franco-québécois pour la
jeunesse (OFQJ), qui a fait voyager
quelque 140 000 jeunes depuis sa
création en 1968.
La délégation a bien vieilli, selon
lui, car elle a su s'adapter à
l'évolution des sociétés française
et québécoise. Et ce qu'il voit,
aujourd'hui, au sein de la
Délégation générale du Québec à
Paris, lui donne bon espoir pour le
futur. Car, comme il le dit si bien,
un cinquantième anniversaire, c'est
à la fois une vitrine sur le passé
et une occasion de se projeter vers
l'avenir.
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50 ans de la
Délégation du Québec à Paris -
Devoir de
mémoire, de reconnaissance, de
persistance
Paul
Gérin-Lajoie, premier ministre de
l'Éducation sous le gouvernement
Lesage et président-fondateur de la
Fondation Paul Gérin-Lajoie
5 octobre 2011
Europe
Nous publions
le discours que prononcera M.
Gérin-Lajoie ce soir dans le cadre
des célébrations entourant la
Délégation
Vous imaginez facilement qu'à l'âge
où j'en suis, j'ai une multitude de
souvenirs. Mais, hélas, avec le
passage du temps, ils ne sont pas
tous aussi nets, aussi marqués, les
uns que les autres. Certains, encore
présents, s'estompent
tranquillement. Par contre, d'autres
restent ineffaçables.
C'est le cas de l'événement qui
s'est produit, il y a cinquante ans,
et que nous sommes réunis
aujourd'hui pour célébrer comme il
convient: l'inauguration de la
Délégation générale du Québec en
France en octobre 1961. De la
«Maison du Québec» à Paris,
disions-nous familièrement à
l'époque.
Plusieurs représentants du Québec,
dont le premier ministre Jean Lesage
et un bon nombre de ses collègues
(j'en faisais moi-même partie),
étaient présents sur place, en
compagnie de personnalités du
gouvernement français, de nombreux
conseillers, de représentants du
gouvernement fédéral et de plusieurs
journalistes. Je n'aurais jamais
pensé alors que, cinquante ans plus
tard, je participerais à la fête
d'aujourd'hui. Comme quoi on ne sait
jamais ce que l'avenir nous réserve.
L'avenir justement, celui de notre
Délégation générale, s'est révélé
plein de surprises heureuses et
fertiles en développements dont nous
ne pouvions pas prévoir la variété
ni l'ampleur. Pour utiliser une
terminologie contemporaine, je
dirais que notre Délégation a été un
investissement éminemment rentable.
Un investissement dans le sens le
plus noble du terme, car il a ouvert
au Québec des horizons qui seraient
sans doute restés fermés autrement.
Un précédent de taille
En instituant cette Délégation, le
Québec, État non souverain,
instituait du même coup des
relations directes, de gouvernement
à gouvernement, avec la France, État
souverain. On a tendance à l'oublier
aujourd'hui, mais c'était là une
innovation considérable, un
précédent de taille. Une nouveauté
qui ne serait jamais survenue sans
la compréhension, je dirais même la
complicité active, de la France et,
surtout, de son président, le
général de Gaulle.
Le général avait senti, et son
ministre André Malraux aussi, que
les Québécois étaient désireux de
s'ouvrir au monde. [...] entre le
Québec et l'extérieur, il n'existait
pas de relations d'État à État. Pour
que cela se produise, il fallait
qu'un autre pays soit disposé à
créer un précédent, malgré les
obstacles prévisibles, certains
juridiques, d'autres politiques.
Seule la France, avec qui les
Québécois avaient tant d'affinités
historiques et culturelles, pouvait
jouer ce rôle et participer d'une
manière originale à cet
épanouissement du Québec.
Il fallait aussi que, du côté
québécois, plus précisément au
niveau du gouvernement, on soit prêt
à agir. C'était le cas, même si, je
dois le rappeler, on s'inquiétait
dans certains milieux des
difficultés possibles et, surtout,
des dépenses qu'il faudrait
encourir. Car, pour la première
fois, une «province» établirait des
relations directes avec un pays
étranger. Toute une entreprise!
[...]
Devoir de mémoire
En évoquant ces faits d'une manière
forcément sommaire, je ne fais que
m'acquitter, au nom de nous tous ici
présents et au nom de tous les
Québécois, d'un devoir naturel de
mémoire.
Un devoir de mémoire qui doit
s'accompagner d'un devoir de
reconnaissance envers les
personnalités politiques et les
fonctionnaires, tant français que
québécois, qui ont su faire
fructifier l'investissement de 1961
en déployant imagination et
détermination. Car [...]
l'établissement de notre Délégation
générale en France a donné naissance
à une série de programmes et
d'initiatives dont on osait à peine
rêver au début. [...] Je [veux ici]
rappeler trois développements.
Le premier à me venir à l'esprit est
la croissance phénoménale des
échanges France-Québec en éducation,
puis, peu après, en culture. Ce fut
en quelque sorte notre chantier de
départ, celui qui s'imposait de
toute évidence. À l'époque, au début
de nos réformes en éducation, les
lacunes du Québec en matière
d'enseignement et de recherche
étaient importantes. Nous avions
besoin d'aide, mais d'une aide qui
serait réciproque, établie sur une
base d'égalité puisque, malgré nos
besoins, nous pouvions nous aussi,
sur certains plans, aider. Le pays
tout désigné pour ce genre
d'entreprise était évidemment la
France qui, je le répète, a tout de
suite été une sorte de complice du
Québec.
C'est en effet la France qui fit que
le Québec, vers la fin des années
1960, fut invité à se représenter
lui-même, sans intermédiaire, au
sein de conférences de pays
francophones sur l'éducation. Cette
avancée conduisit à la création de
l'Agence de coopération culturelle
et technique et, de là, à la mise
sur pied du Sommet des pays
francophones. [...]
La place du Québec
Je ne raconte pas l'histoire de
cette progression dans
l'organisation politique et
structurelle de la francophonie,
sauf pour rappeler qu'en ce qui
concerne le Québec, elle ne se
réalisa pas sans heurts ni conflits
avec le gouvernement fédéral. Car —
ce souvenir me tient
particulièrement à coeur — en avril
1965, devant le corps consulaire de
Montréal, j'avais exprimé la
détermination du Québec de prendre
dans le monde contemporain la place
qui lui revient et insisté sur la
capacité juridique du Québec
d'exercer au plan international les
compétences constitutionnelles que
lui reconnaît la Constitution
canadienne.
Cette prise de position de Jean
Lesage souleva l'étonnement, voire
la consternation dans les milieux
fédéraux, dont les vues sur le sujet
étaient, disons, inspirées d'une
conception beaucoup plus
conservatrice et traditionnelle des
relations internationales. Il
s'ensuivit des frictions qui firent
la manchette des médias, mais cette
idée du «prolongement externe des
compétences québécoises internes»,
révolutionnaire à l'époque, a été
acceptée et défendue non seulement
par le gouvernement auquel
j'appartenais alors, premier
ministre en tête, mais par tous les
gouvernements québécois depuis 1965.
Je me permets de considérer aussi
cette continuité comme un autre
développement digne de mention.
Parler en son nom propre
Ce qui m'amène à évoquer un
troisième devoir, de persistance
celui-là. [...] Le monde change sous
nos yeux. Les rapports entre États
se multiplient et se compliquent.
Les domaines sur lesquels on discute
et les programmes qu'on met au point
touchent toutes les activités
humaines, pas seulement économiques.
Il serait impensable et
irresponsable — ce n'est
heureusement pas le cas — que le
Québec se contente de gérer
l'acquis. Il est devenu pour lui
encore plus vital qu'avant de parler
en son propre nom et de se
représenter lui-même dans les
domaines qui relèvent de lui.
On me répondra que les autres
provinces n'en font pas autant que
lui et qu'il devrait être satisfait
de ses réalisations, déjà
impressionnantes quand on pense au
nombre de ses délégations à
l'étranger et à la variété de ses
intérêts internationaux. Mais
s'impose-t-il de rappeler que le
Québec est à maints égards unique?
Que sa situation démographique en
Amérique du Nord est forcément
précaire? Et que, s'il n'y voit pas
lui-même, personne d'autre ne
défendra spontanément ses intérêts
et, encore plus évident, que
personne d'autre ne fera la
promotion de son identité propre?
Devoir de mémoire, de reconnaissance
et de persistance, donc. Trois mots
qui résument les sentiments que
j'éprouve aujourd'hui, mon regard
portant, en raison de mon âge, sur
des décennies d'évolution
québécoise.
En définitive, c'est l'honneur de ma
vie d'avoir été associé de si près à
la renaissance et à l'épanouissement
de cette nation aujourd'hui ouverte
plus que jamais «aux souffles du
monde», comme le disait le grand
poète de la francophonie Aimé
Césaire.
***
Paul Gérin-Lajoie, premier ministre
de l'Éducation sous le gouvernement
Lesage et président-fondateur de la
Fondation Paul Gérin-Lajoie
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Dans le cadre du 50e
anniversaire de la Délégation générale
du Québec à Paris, une cérémonie a
souligné la restauration et la mise en
valeur de la Place du Québec à Paris et
de l’œuvre qui l’orne, L’Embâcle, du
sculpteur québécois Charles Daudelin.
Une plaque rappelant
l’histoire de la place et la démarche de
l’artiste a été dévoilée à cette
occasion.
Inaugurée en 1980, la
Place du
Québec à Paris est située devant
l’Église Saint-Germain des Prés, à l’un
des carrefours les plus fréquentés de
notre capitale.
Depuis 1984 s’y
trouve L’Embâcle, sculpture-fontaine
offerte par le gouvernement du Québec.
Cette œuvre représente, sous la forme
d’une fontaine stylisée, un flot d’eau
soulevant et perçant les dalles du
trottoir, symbolise de la débâcle des
glaces flottantes au printemps sur le
fleuve Saint-Laurent.
Inauguration de la place de Québec à
Paris : MM. Bertrand Delanoé, maire de
Paris, Michel Robitaille, délégué
général du Québec à Paris, Mme Monique
Gagnon-Tremblay, ministre des Relations
internationales du Québec, M. Jean
Charest, Premier ministre du Québec et
Mme Daudelin, veuve du sculpteur Charles
Daudelin auteur de la fontaine
"l’embâcle" offerte par le Gouvernement
de Québec à la ville de Paris en 1984,
rénovée en 2011 à l’occasion du 50ème
anniversaire de la Délégation générale
du Québec à Paris.
© Ministère des
Affaires étrangères et
européennes/Frédéric de La Mure
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Paris — Au second
jour de sa visite officielle en
France, le premier ministre Jean
Charest a dressé un bilan
essentiellement positif de la
coopération du Québec avec la
France. Venu à Paris pour célébrer
les 50 ans de la Délégation générale
du Québec en France, le premier
ministre clôturait hier avec le
ministre français des Affaires
étrangères, Alain Juppé, un colloque
dressant le bilan de ce demi-siècle
de coopération et organisé par la
Commission franco-québécoise des
lieux mémoires communs. Citant
l'ancien sous-ministre et historien
Guy Frégault, qui estimait que la
relation du Québec avec la France ne
pouvait se limiter à une simple
relation diplomatique, Jean Charest
a demandé: «Est-ce qu'il y a
ailleurs une relation qui ressemble
à ce que nous vivons?»
Cet optimisme ne semblait pourtant
pas partagé par plusieurs
intervenants de ce colloque tenu
dans les bureaux du ministère des
Affaires étrangères. L'ancienne
ministre des Relations
internationales du Parti québécois,
Louise Beaudoin, a déploré que le
Québec ne soit jamais parvenu à
convaincre la France de vraiment
défendre le statut du français dans
le monde. «Le français, c'est
pourtant le chantier urgent pour la
France et le Québec dans la
francophonie.» «Il faut agir de
toute urgence!», dit la députée de
Rosemont, qui note que, alors que
cette urgence ne semble pas comprise
en France, le français décline à vue
d'oeil à Montréal. «C'est la
première fois de ma vie que je me
demande si les Québécois ont encore
cette volonté de survivre qu'ils ont
affichée depuis 400 ans.»
Dans une intervention remarquée,
l'universitaire Gérard Bouchard a
dressé un bilan assez inquiétant
d'une relation qui s'est beaucoup
émoussée. Avec le «refroidissement
de la question nationale, dit-il,
l'engouement pour la France s'est
beaucoup effacé [...]. La France est
devenue un pays comme les autres,
comme disait le poète Gaston Miron».
Chiffres à l'appui, le sociologue
note qu'aujourd'hui «la France est
étonnamment peu présente dans la vie
culturelle des Québécois». L'ancien
consul général de France à Québec,
Henri Réthoré, a déploré de son côté
une relation qui «manque d'une
certaine ardeur politique».
«Unique au monde»
Ces critiques ne semblent pas
inquiéter Jean Charest, selon qui la
relation qu'entretiennent la France
et le Québec est «unique au monde».
Ni d'ailleurs le ministre Alain
Juppé, qui a tenu à souligner que
«nos amis canadiens ont bien compris
que notre amitié avec nos frères
québécois était un atout majeur».
Jean Charest avait commencé sa
journée en inaugurant une plaque
identifiant la sculpture de Charles
Daudelin sur la place du Québec, au
coeur de Saint-Germain-des-Prés.
Cette sculpture donnée en 1984 par
le Québec à la France s'intitule
L'embâcle (même si elle décrit la
débâcle du printemps) et vient
d'être rénovée par la Ville de
Paris. Ironique, le maire de la
capitale, Bertrand Delanoë, a
qualifié Jean Charest du «plus
parisien des Québécois». Le premier
ministre a aussi dévoilé une oeuvre
de Geneviève Cadieux intitulée La
Voie lactée, qui est exposée dans la
station de métro de la gare
Saint-Lazare.
Même si la rencontre n'était pas
prévue, Jean Charest a rencontré le
leader socialiste Pierre Moscovici,
avec qui il s'est entretenu une
trentaine de minutes. Moscovici, qui
a récemment visité le Québec, est un
des principaux lieutenants du
candidat favori de la primaire du
Parti socialiste, François Hollande.
Jean Charest n'a par ailleurs
rencontré aucun des candidats en
lice dans cette primaire.
Le premier ministre a aussi dîné
avec des présidents et des
vice-présidents de conseils
régionaux pour leur parler du Plan
Nord. Il a cependant précisé
qu'aucun investissement ne serait
annoncé durant cette visite.
Aujourd'hui, jour anniversaire de
l'inauguration de la Maison du
Québec à Paris, Jean Charest sera
reçu par le premier ministre
François Fillon pour un entretien et
un dîner officiel commémorant
l'événement.
Pour justifier le refus du président
Nicolas Sarkozy de le recevoir, Jean
Charest a invoqué «un horaire très
chargé et, entre autres, la
naissance d'un enfant... C'est une
rumeur, paraît-il». Cet accouchement
appréhendé n'a cependant guère
modifié l'agenda de Nicolas Sarkozy,
qui a passé la journée d'hier dans
le Gard, assistera ce matin au
Conseil des ministres, déjeunera
avec des intervenants sur la petite
enfance, recevra le secrétaire
général de l'OIF et s'envolera
demain pour l'Arménie.
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Le Québec et la
France sont organisés en «régionales»
Le Parc
national de la Gaspésie, un
«grand espace» fort apprécié des
Français
L'Association
France-Québec est d'abord une
association d'amitié. Pierre Provost,
son président, témoigne.
Il y a quarante ans se créaient de
part et d'autre de l'Atlantique deux
regroupements de citoyens dans le
but de promouvoir les échanges entre
la France et le Québec. «Nous
regroupons plus de 2000 Québécois et
nous sommes ce qu'on pourrait
appeler la "partie civile" de la
coopération franco-québécoise,
énonce Pierre Provost, président de
l'Association Québec-France. À
certains égards, la coopération
franco-québécoise, c'est très
administratif, gouvernemental et
politique, alors que nous, nous
sommes la société civile de
participation à la coopération.»
Ce regroupement est avant tout une
association d'amitié qui vise à
développer les relations entre la
France et le Québec. Constituée de
20 «régionales» qui tapissent le
Québec — de la Gaspésie à l'Abitibi,
de l'Outaouais à l'Estrie, illustre
M. Provost — l'Association
Québec-France a son équivalent
français, constitué de 69
«régionales». L'une des
caractéristiques des deux
regroupements est de ne pas être
centrés sur les grands centres
urbains — Paris, Montréal — mais de
couvrir les régions.
Tous deux non seulement font la
promotion des échanges culturels et
touristiques, mais ces associations
constituent un véritable réseau
d'amitié et d'entraide qui facilite
l'accueil des visiteurs d'outre-mer,
peu importe quelles régions ils
visitent, de même que les échanges
de maisons (avec, en outre,
l'accueil par les résidants locaux),
ainsi que les échanges d'étudiants
et de professionnels. Pierre Provost
a lui-même bénéficié d'un échange
professionnel inédit. «En 1988-89,
raconte-t-il, durant un an, j'ai
fait un échange professionnel.
J'étais alors organisateur
communautaire en CLSC (dans la
Baie-des-Chaleurs) et j'ai changé de
poste avec une conseillère en
économie sociale et familiale de
Bourgogne. On voulait alors voir
comment des professionnels pouvaient
intervenir en territoire
complètement différent.»
«Ç'a été tout un dépaysement pour la
famille, poursuit-il. Pensez donc,
mes quatre enfants ont passé une
année dans des écoles en milieu
rural français. Ce fut pour eux une
belle expérience... Pour ma part,
sur le plan professionnel, ç'a été
une expérience extraordinaire, parce
que les façons de travailler sont
très différentes. Entre autres, j'ai
pris une foule d'initiatives qui ont
parfois beaucoup étonné les
Français, puisque je ne respectais
pas la hiérarchie! De mon côté, j'ai
beaucoup apprécié l'étroite
collaboration qui existe entre les
mairies et les écoles — ce qu'on ne
voit pas ici!»
Depuis vingt ans, les échan-ges
professionnels de part et d'autre de
l'Atlantique se sont amplifiés.
Actuellement, cinq centres jeunesse
du Québec et autant d'instituts
régionaux de travail social de la
France partagent des professionnels.
«Ce sont donc des travailleurs
sociaux, des éducateurs, des
psycho-éducateurs, qui partent de la
France pour venir ici voir comment
on travaille, et vice-versa, résume
M. Provost. On a actuellement des
stagiaires français à Québec, à
Gaspé et en Montérégie, et d'autres
s'en viennent.» Les membres de
l'Association Québec-France
bénéficient d'une foule d'avantages.
Non seulement les membres d'une
régionale reçoivent-ils la visite de
«cousins» venus leur présenter leur
coin de pays et leur mode de vie
mais, lorsque vient le temps
d'explorer la contrée française, ils
bénéficient de l'accueil des membres
de la régionale française.
«On a aussi un programme d'échange
de maisons, relate Pierre Provost.
L'un de nous va chez un membre de
France-Québec et lui vient ici pour
un mois. Les membres de la régionale
en étant informés, ils accueillent
et s'occupent du visiteur. C'est
dire que, en plus d'un échange de
maisons, il y a tout un réseau
d'accueil en place.» De même, un
membre qui décide de visiter
différentes régions de la France
peut demander à être hébergé par des
membres de la régionale. «On ne fait
alors pas le voyage d'un touriste
qui réside dans des hôtels, note
Pierre Provost, mais on va chez des
gens qui nous accueillent et nous
font découvrir leur coin de pays.»
Par ailleurs, dans le cadre du
programme «Découverte du pays d'en
face», l'Association Québec-France
organise des délégations (d'une
vingtaine de personnes) qui visitent
une suite de régions de la France
durant une année. «Nos membres sont
reçus par des régionales françaises
afin de découvrir différents coins
de la France et sont hébergés chez
l'habitant (des membres de
France-Québec), explique le
président de l'association. L'année
suivante, ce sont des Français qui
découvrent le Québec en faisant une
tournée des régions.» M. Provost
souligne au passage qu'«on n'a
jamais de problème avec l'accueil;
il y a toujours des membres prêts à
accueillir d'autres membres».
L'association offre aussi des
programmes pour jeunes, dont le
programme «Intermunicipalité», qui
permet à de jeunes Québécois et
Français de travailler dans une
municipalité du «pays d'en face».
«Actuellement, on a environ 150
jeunes qui vivent de part et d'autre
une expérience qui leur permet de
découvrir la France ou le Québec,
relate-t-il. On a aussi des ententes
avec des vignerons français qui
accueillent des jeunes, les
hébergent et les paient pour leur
faire faire des vendanges.»
Les deux associations organisent
également chacune un prix
littéraire. Des livres sont envoyés
dans chacune des régionales,
rapporte M. Provost, les mem-bres de
celles-ci les lisent et votent.
L'écrivain français qui remporte le
prix vient ensuite faire une tournée
organisée au Québec — de même pour
le lauréat québécois en France. «On
devient membre de notre association
pour plusieurs raisons, indique avec
enthousiasme le président, soit par
amour de la France, pour accueillir
des Français et échanger avec eux,
découvrir des régions et des modes
de vie, se lier d'amitié et voir du
pays!»
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En 1961, le Québec
débarquait au 9, rue Barbet-Jouy
Photo :
Christian Chevalier Assemblée
Nationale
Le président
français Nicolas Sarkozy et le
premier ministre Jean Charest
lors de la signature de
l’entente historique en 2008
pour la mobilité de la
main-d’œuvre.
En 1961, le
Québec devient un nouveau joueur sur
la scène internationale. Pas
seulement en paroles, mais aussi en
actes. N'affiche-t-on point «maison»
à l'intérieur du territoire
parisien?
S'il avait fallu une preuve que ce
n'était plus comme avant dans la
«Belle Province», que le temps d'un
régionalisme à la Duplessis, où un
territoire d'Amérique se défendait
contre toute influence étrangère,
cela fut amené quand un 5 octobre —
on était en 1961 — un premier
ministre du Québec, récemment élu,
se rendit à Paris pour inaugurer, au
9, rue Barbet-Jouy, la Maison du
Québec. Et celui qui accueillit
alors Jean Lesage avait un nom dont
le prestige s'était étendu jusque de
ce côté-ci de l'Atlantique: André
Malraux.
Et quand, un soir de 1967, Gilles
Vigneault et consorts reçurent les
ovations d'une foule dans cet
Olympia parisien, il y eut plus d'un
Québécois et d'une Québécoise pour
croire que le succès de ce Vive le
Québec! rejaillissait sur elles et
eux.
En ces jours du «réveil» québécois,
l'attente était grande d'une
réaction du «grand frère», qui sera
dit plus tard «cousin», devant les
aspirations de grandeur d'un peuple
qui ne se voulait plus résigné. Et
le soutien de la France fut
déterminant. Que ce soit en culture,
en politique, tout appui recherché
fut obtenu. Et cela, au-delà même de
la demande, jusqu'au jour où le
général fit entendre une déclaration
fracassante du haut du balcon de
l'hôtel de ville montréalais.
Auparavant, en ces jours-là, le
Québec découvrit toutefois qu'il y
avait chez lui une littérature de
qualité. Le succès, et les prix qui
s'ensuivirent, en témoignait. Fierté
donc quand Marie-Claire Blais reçut
en 1966 le Médicis. Et qui a donc lu
alors, comme par obligation, les
pages de L'Avalée des avalées, car
la critique française encensait
l'écriture de ce Réjean Ducharme,
cet auteur qui se cache si bien?
Aussi, si les films québécois sont
produits avec enthousiasme, le
succès d'un Pour la suite du monde
semble confirmé quand,
outre-Atlantique, on associe cette
oeuvre à la grande tradition
cinématographique documentaire. Et
ainsi de suite, avec un point
d'orgue lorsque Charlebois et
Forestier entonnent un Lindberg
dont, près d'un demi-siècle plus
tard, l'air et les paroles
reviennent avec aisance dans les
mémoires.
Une Maison du Québec avait donc à
Paris pignon sur rue. Elle sera
toutefois identifiée avec une
connotation plus diplomatique en se
transformant en Délégation générale
du Québec à Paris. Mais qui y
séjourne en poste a presque un
statut de diplomate: les échanges
seront d'ailleurs acerbes entre le
représentant canadien et le
porte-parole du fleurdelisé.
Coup d'éclat
Et on voyait grand, avec de belles
réalisations dont, en culture, le
dernier coup d'éclat fut sans doute
cette entente sur le biculturalisme
que la troïka
franco-canado-québécoise a imposée
aux Nations Unies, obtenant gain de
cause face aux impérialistes du bloc
anglo-saxon: ce qui n'est pas une
mince victoire.
Toutefois, cinquante ans plus tard,
si on jette un regard sur cette
«maison-délégation», on peut dire
que, après le mot «révolution»,
c'est «tranquille» qu'il faut
maintenant choisir pour décrire la
situation actuelle.
Une normalisation s'opère, mais qui
s'y opposerait quand on voit la
signature d'ententes comme celle
portant sur la reconnaissance
professionnelle? Et, pour les
entreprises d'ici, de nouveaux
marchés s'ouvrent, d'autant plus que
l'ancrage français fait qu'on parle
maintenant d'une politique
d'échanges commerciaux qui
déborderaient sur toute l'Europe et
incluraient la confédération
canadienne.
Aussi, le présent délégué nous
informe que cette orientation est
voulue par les actuels dirigeants
québécois: «La dimension culturelle
est très importante et bien
reconnue, mais la dimension
économique de la relation
franco-québécoise, elle, est moins
connue, relate Michel Robitaille.
Alors, je me suis donné pour mandat
d'être très près des gens d'affaires
et d'appuyer, par exemple, le cercle
des dirigeants d'entreprises
franco-québécoises qui réunit des
dirigeants d'entreprises qui sont à
la fois implantées au Québec et en
France, et de les mettre en valeur.»
Voilà! Parlait-on d'affaires il y a
50 ans? Quand Shawinigan Water and
Power n'avait pas encore été
nationalisé au profit d'une future
Hydro-Québec? Quand le Québec
n'était en rien un lieu dit de
pointe, encore moins dans l'univers
numérique ou celui du génie
aéronautique? Quand les fleurons en
éducation n'avaient pas pour nom
«institut» ou «chaire de recherche»?
Mais, en ces jours-là, il y eut des
gens de paroles et d'images qui
portaient la voix naissante de ces
Français d'Amérique: le premier
Québec international ne fut-il pas
ainsi culturel?
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Acte fondateur
- Le 12 avril 1965, Paul Gérin-Lajoie
prononce un discours historique
Photo :
Jacques Nadeau - Le Devoir
On ne saurait
aborder le sujet des relations
internationales du Québec sans
évoquer la doctrine Gérin-Lajoie qui
en a tracé la voie. Dans quelles
circonstances cette doctrine
est-elle née? Sur quoi
repose-t-elle? Et quelles en sont
les conséquences, hier comme
aujourd'hui?
Remontons au début des années 1960.
Le Québec est en pleine Révolution
tranquille et le Parti libéral de
Jean Lesage est au pouvoir. Pour la
première fois de son histoire, le
gouvernement du Québec compte au
sein de son cabinet un ministre de
l'Éducation, Paul Gérin-Lajoie, et
un ministre des Affaires
culturelles, Georges-Émile Lapalme.
Ce dernier se rend à Paris pour
rencontrer son homologue français,
André Malraux. «Malraux lui fait
alors part de l'intérêt que de
Gaulle porte envers le Québec,
explique Robert Aird, auteur et
historien. Il lui suggère fortement
d'augmenter la présence du Québec à
Paris. C'est ainsi qu'est née la
Maison du Québec à Paris. C'est
l'acte fondateur des relations
internationales québécoises.»
Cette présence diplomatique
québécoise à Paris, combinée à la
sympathie du gouvernement de Gaulle
envers le Québec, favorise les
échanges entre les deux capitales.
En 1965, Paul Gérin-Lajoie se rend à
Paris pour signer une toute première
entente France-Québec, portant sur
l'éducation. «À cette époque, les
besoins en éducation au Québec sont
immenses», rappelle Robert Aird.
La doctrine
À son retour de Paris, Paul
Gérin-Lajoie est accueilli à
l'aéroport par André Patry, alors
juriste et conseiller du premier
ministre Lesage. «C'est bien beau,
cette entente, lui dit Patry, mais
sur quelles bases juridiques
repose-t-elle?» C'est qu'André Patry
a déjà beaucoup réfléchi à la
question. Il propose alors à Paul
Gérin-Lajoie de prononcer un
discours, qu'il écrira lui-même en
grande partie, dans lequel seront
étayées ces bases juridiques. On
convient de prononcer le discours
devant un parterre composé du corps
consulaire en poste au Québec. Le 12
avril 1965, Paul Gérin-Lajoie
prononce son discours historique et
la doctrine Gérin-Lajoie voit le
jour.
On décrit généralement la doctrine
Gérin-Lajoie en ces termes: c'est le
prolongement international des
compétences internes du Québec. Dans
son discours de 1965, Paul
Gérin-Lajoie explique les bases
juridiques qui rendent cette thèse
possible. Il s'appuie d'abord sur un
jugement du Conseil privé datant de
1883 qui stipule que les provinces
canadiennes ne sont d'aucune façon
les déléguées du gouvernement
canadien et qu'elles n'agissent pas
en vertu d'un mandat reçu de ce
dernier. Elles sont donc libres de
légiférer comme elles l'entendent
dans les champs de compétence qui
sont les leurs en vertu de l'Acte de
l'Amérique du Nord britannique.
Il poursuit en soulignant une
contradiction constitutionnelle,
confirmée par un jugement rendu
trente ans plus tôt par le comité
judiciaire de Conseil privé et
jamais invalidé depuis. Si le Canada
possède le droit de signer des
traités internationaux, ce qu'on
nomme le jus tractatuum, il ne peut
en revanche appliquer ces traités si
leur mise en oeuvre touche les
champs de compétence provinciaux.
En d'autres mots, les provinces sont
parties prenantes ou non de tout
traité canadien portant sur leurs
champs de compétence. Dans ce cas,
pourquoi les provinces, donc le
Québec, ne pourraient-elles pas
signer leurs propres ententes
internationales dans leurs champs de
compétence, avance alors
Gérin-Lajoie. D'autant plus que le
Statut de Westminster de 1931 est
muet sur la question des relations
internationales et nulle part
n'est-il mentionné qu'elles relèvent
de la compétence exclusive du
gouvernement du Canada.
Ce sont les raisons pour lesquelles
Gérin-Lajoie avance que le Québec,
comme les autres provinces
canadiennes, d'ail-leurs, possède
lui aussi le jus tractatuum. Il va
même plus loin en déclarant «qu'il
n'est plus admissible non plus que
l'État fédéral puisse exercer une
sorte de surveillance et de contrôle
d'opportunité sur les relations
internationales du Québec».
D'hier à aujourd'hui
Depuis ce discours, tous les
gouvernements du Québec, peu importe
leur allégeance politique, ont
adhéré à cette doctrine. «Depuis
cette première entente en 1965 sur
l'éducation, le Québec a signé 687
ententes internationales, dont 383
sont toujours en vigueur», rappelle
Stéphane Paquin, professeur à l'ÉNAP
et spécialiste des relations
internationales.
Si la doctrine Gérin-Lajoie fait
l'unanimité au Québec depuis sa
naissance, le gouvernement fédéral a
réagi de différentes façons au fil
des ans. «En 1965, le gouvernement
Pearson avait une certaine
ouverture, mais celle-ci s'est
rétrécie avec l'arrivée du
gouvernement Trudeau, souligne
Stéphane Paquin. Le ton s'est durci
chaque fois que le PQ était au
pouvoir et que les libéraux
dirigeaient le gouvernement
canadien. On peut dire aujourd'hui,
même s'il n'y a jamais eu de
reconnaissance officielle du jus
tractatuum provincial par le Canada,
que la question ne pose plus
vraiment de problème, le
gouvernement Harper étant plus
ouvert à la présence internationale
des provinces.»
Il en donne pour preuve les
négociations entourant l'entente de
libre-échange entre le Canada et
l'Union européenne. «Toutes les
provinces canadiennes sont assises
aux tables de négociations.»
Un autre bel exemple de la doctrine
Gérin-Lajoie à l'oeu-vre est
l'entente France-Québec sur la
reconnaissance mutuelle des
qualifications professionnelles.
«Cette entente a été signée par la
France et le Québec, sans la
participation du Canada. C'est
d'ailleurs la première fois qu'une
entente France-Québec est signée
personnellement par le président
français; auparavant, les ententes
étaient signées par des ministres du
gouvernement français.»
Ce type de relations internationales
gagne même du terrain. «C'est une
tendance qu'on observe maintenant
dans la plupart des États fédérés.
Par exemple, en Espagne, la
Catalogne signe maintenant ses
propres ententes internationales. Et
le Québec, à cet égard, fait
aujourd'hui figure de précurseur et
de modèle grâce à la doctrine
Gérin-Lajoie.»
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En poste à
Paris - Et Michel Lucier succéda à
Marcel Masse
Marcel Masse, de
1996 à 1997, et Michel Lucier, de
1997 à 2000, se sont succédé au
poste de délégué général du Québec
en France, du milieu des années 1990
jusqu'à l'aube de l'autre siècle.
S'ils ont témoigné de cette
expérience professionnelle dans le
site du 50e anniversaire de la
Délégation générale du Québec à
Paris (DGQP), ils ont aussi répondu
aux questions du Devoir.
Pour un, Michel Lucier considère le
délégué comme un véritable
ambassadeur du Québec. Marcel Masse,
sans pour autant se montrer
réducteur dans sa vision de la
fonction, pose un regard moderne sur
un tel poste: «La montée des
transports — et là, je ne parle pas
seulement des avions mais aussi
d'Internet et de tout ce qui s'est
développé depuis une trentaine
d'années — fait finalement que le
rôle des représentants à l'extérieur
a été dans un sens diminué
d'autant.»
Selon lui, «la définition du mot
"ambassadeur" suit la courbe de la
relation directe entre les pays.
Prenons l'exemple du premier
ministre du Québec. À son époque,
Duplessis n'a jamais pu venir en
France; pour ce faire, il aurait dû
effectuer le trajet par bateau ou
prendre un vol qui durait de 14 à 15
heures à la fin des années 1950.
Aujourd'hui, le premier ministre du
Québec vient à Paris cinq ou six
fois par année et il a des relations
directes avec le chef du
gouvernement, le président. Ces
deux-là peuvent se téléphoner, ils
s'écrivent par courriel et ils se
connaissent. Le même mode
d'opération s'applique dans le G8,
dans le G20 et dans tout ce que vous
voulez sur le plan des échanges
internationaux», explique M. Lucier.
Ce constat posé, il dépeint ce qui
se passe maintenant: «Les bureaux à
l'étranger, les délégations et les
ambassades doivent d'abord tenir le
contact avec les Québécois ou les
Canadiens sur le sol de leur
juridiction. Deuxièmement, dans le
cas d'un délégué du Québec, il doit
en faire la promotion sur les plans
économique, culturel, universitaire
et des investissements; il lui faut
développer des relations de bon
voisinage et, quand de plus il
s'agit du Québec, cela doit se faire
dans le sens d'un bon voisinage qui
se vit dans un esprit de coopération
depuis une cinquantaine d'années;
coopération d'État à État, de
corporations, d'artistes, de
médecins, etc. Enfin, tout le monde
a tissé des liens exceptionnels
depuis ce temps, qui se sont
beaucoup modifiés.»
Ce point de vue exprimé, il va de
soi que Marcel Masse a pris la
direction de la Délégation dans un
climat de lendemain de référendum
perdu et d'attentes envolées: «Il y
a eu une sorte de baisse de
température de ce côté-là et il
fallait ne pas baisser les bras à
Paris; c'est l'une des raisons pour
lesquelles M. Parizeau m'a nommé à
ce poste.» Il considère que ce fut
une ligne de force qui a laissé son
empreinte sur son mandat.
Il fait ressortir un autre aspect de
son travail: «J'ai vécu un tournant
où les régions de la France ont pris
une importance de plus en plus
marquée, ce qui n'était pas encore
inscrit dans nos habitudes de
coopération; c'était très palpable
et visible ici.»
«Être délégué général à Paris ou
ailleurs, ce n'est pas la même
chose», signale en premier lieu
Michel Lucier. Il poursuit: «C'est
la seule place où le délégué a
vraiment un rôle diplomatique et
politique. Tout comme un
ambassadeur, on l'appelle "chef de
mission diplomatique". Impossible
d'accoler le mot "ambassade" à cette
réalité, parce qu'il ne s'agit pas
d'un pays souverain, mais c'est un
statut diplomatique et politique
reconnu. La chose la plus visible et
la plus claire, c'est que les
relations se déroulent de
gouvernement à gouvernement de façon
directe.»
Il reconnaît, à la suite de cette
assertion, que le délégué est un
véritable ambassadeur: «Un tel état
de fait suppose un certain nombre de
nuances et de remarques qui peuvent
varier en fonction des époques,
selon les tempéraments des gens qui
sont nommés ou de ceux qui les
nomment.»
Retour sur un printemps
Après avoir affirmé, selon les mots
de l'écrivain Alain Peyrefitte, que
le diplomate «ne fait pas la parole
mais porte la parole», il résume le
mandat d'un délégué: «Il lui faut
respecter des balises qui sont les
orientations qu'il reçoit de l'homme
politique et du gouvernement qu'il
représente. Après quoi, il lui
revient d'utiliser les connaissances
du terrain qu'il possède et le
réseau qu'il a déjà établi sur le
territoire, s'il ne s'agit pas de
quelqu'un qui est parachuté dans ses
fonctions. Voilà ce qui va servir à
guider les stratégies à mettre en
place et à exécuter les mandats
reçus.»
Sur le plan des satisfactions qu'il
tire de son passage comme chef de
file de la délégation, Michel Lucier
identifie en premier lieu le succès
que fut la tenue du «Printemps du
Québec en France», qui s'est
échelonnée sur une période de quatre
mois en 1999: «C'est la plus grande
activité culturelle que le Québec a
présentée à l'étranger.» À ce
propos, il rend hommage à un groupe:
«J'ai toujours dit et je répète que
les délégués généraux du Québec en
France doivent avoir la simplicité
et la lucidité de reconnaître que
nos premiers ambassadeurs, ce sont
nos artistes et notre monde
culturel.»
Il considère également que la
reprise des visites alternées des
premiers ministres en France et au
Québec a marqué positivement son
séjour à Paris. «Elles ont réorienté
la coopération et c'est réellement
une des choses les plus importantes
qui se sont produites et qui se sont
traduites par des relations
politiques et diplomatiques.»
Il a de plus inscrit ses activités
professionnelles dans la foulée de
celles de son prédécesseur, Marcel
Masse, en accentuant le
rapprochement amorcé avec les
régions: «On a assisté à l'ouverture
sur le territoire par le biais de
conventions et de collaborations
intervenues entre les régions
françaises et la Délégation du
Québec; on en a signé six du temps
que j'ai été là.»
À l'époque, autant de plans d'action
ont été paraphés avec les
territoires de Rhône-Alpes, du
Pas-de-Calais, de l'Auvergne, de
Poitou-Charentes, de l'Aquitaine et
de l'Alsace: «Et, dans la foulée de
ces ententes, il y a également eu le
renouvellement des liens avec
l'Association France-Québec, qui
regroupait 6000 adhérents, dont le
travail à accomplir est de faire
connaître et aimer le Québec en
France», souligne encore l'ancien
délégué.
|

Aujourd'hui,
voilà 50 ans, s'ouvrait sous le
regard protecteur du général de
Gaulle la Délégation générale du
Québec à Paris. Cette date est un
repère important de l'histoire
contemporaine du Québec qui ce
jour-là entreprit de construire sa
personnalité internationale. Pour
marquer l'événement, plusieurs
avaient espéré que soit annoncée la
création du centre culturel
québécois à Paris tant attendu. Mais
non, cet anniversaire ne sera pas
marqué par un tel cadeau.
Plus que la simple ouverture de la
Maison du Québec à Paris, comme
s'appela d'abord la délégation de la
rue Pergolèse, ce jour du 5 octobre
1961 marque avant tout
l'établissement de relations
directes et privilégiées entre Paris
et Québec. Le président de Gaulle
voulait que la France renoue avec
les Français du Canada et que
ceux-ci s'émancipent politiquement.
Jusqu'où voulait-il que cela aille,
plusieurs interprétations sont
proposées, mais chose certaine, il
donna au gouvernement du Québec
d'alors l'impulsion politique
nécessaire à son affirmation
politique.
On sait ce qu'il en découla. Ces
relations directes et privilégiées
furent le point de départ de
l'affirmation de la capacité
juridique de l'État du Québec à
prolonger sur la scène
internationale ses champs de
compétence. C'est ce qui lui permit
au début des années 1970 de
participer aux organisations
internationales francophones
naissantes, de siéger de plein droit
depuis 1986 à l'Organisation
internationale de la Francophonie,
de pouvoir intervenir à l'UNESCO et
de négocier des traités bilatéraux.
L'histoire de ces relations
privilégiées ne s'arrête toutefois
pas au monde politique. Elles
produisirent au fil des ans un
espace culturel commun qui dépasse
les frontières des deux États et des
deux gouvernements. Cet espace est
occupé par des artistes, chanteurs,
interprètes, musiciens, romanciers,
mais aussi par des touristes, des
étudiants, des gens d'affaires qui,
au fil des ans, ont appris à se
connaître, à faire fi des préjugés
et à vivre ensemble. Ce sont deux
peuples distincts qui savent
toutefois reconnaître qu'ils ont en
partage une histoire, une langue et
une culture communes. Bref,
l'essence même d'une communauté.
Cet espace culturel aurait mérité
qu'il soit célébré à l'occasion de
cet anniversaire, car les relations
France-Québec sont d'abord cela.
L'annonce de l'aménagement d'un
centre culturel québécois distinct
de la délégation était attendue. Une
étude avait été commandée par le
ministère des Relations
internationales pour relancer le
projet préparé au début des années
2000 par le gouvernement du Parti
québécois sous le nom «Espace
Québec». On voulait y loger la
bibliothèque Gaston Miron, la
Librairie du Québec, une salle
d'exposition, une petite scène. On
voulait en faire un lieu de
rencontres et d'échanges culturels,
mais aussi une vitrine pour le
savoir-faire québécois et la
technologie.
Les considérations financières qui
eurent raison du projet en 2002 ont
à nouveau prévalu. Lundi, le
couperet est tombé. Ce projet n'aura
pas lieu. Trois fois dommage. On
rate l'occasion de souligner avec
force l'importance des relations
France-Québec. On se refuse un
instrument capital de promotion de
la culture québécoise sur la France
et sur l'Europe. Et on laisse la
bibliothèque Gaston Miron, faute de
lieu propre au Québec, quitter la
Délégation qui a besoin d'espace
pour aller se perdre au fin fond
d'une bibliothèque universitaire
française. Il y a là un manque
d'audace et de vision.
|
Jean-Christophe Adon, à gauche et
Philippe Peyronnet, devant la
vitrine.
Photo J.-L. Daubasse
Partager
Pour la
participation au 50e anniversaire de
la Délégation générale du Québec à
Paris tout au long de 2011, le
concours de pavoisement de commerces
intitulé « le Québec en vitrine » a
mis à l'honneur les couleurs du
Québec sur le territoire français du
18 au 25 juin. Des lots, dont deux
billets d'avion Paris-Montréal
aller-retour, seront offerts à
l'auteur de la vitrine la plus
originale.
Lors de ce
concours qui était ouvert à tous, la
pharmacie d'Astaffort a reçu le
deuxième prix national parmi
plusieurs milliers de participants.
13 commerces avaient décidé de s'y
joindre pour le village d'Astaffort,
ce qui représente un fort taux de
participation. Félicitations aux
pharmaciens, Philippe Peyronnet et
Jean-Christophe Adon.


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La relation du Québec
avec la France s'est banalisée, dit
André Patry, un artisan de la «doctrine
Gérin-Lajoie»
Photo :
Archives Le Devoir
Le président
français François Mitterrand
accueillant le premier ministre
québécois René Lévesque au
palais de l’Élysée, en juin
1983. L’époque des relations
passionnées entre le Québec et
la France tirait à sa fin.
La Délégation
générale du Québec à Paris célèbre
aujourd'hui ses cinquante ans. C'est
l'occasion de rappeler quelques
moments forts de l'histoire de la
jeune diplomatie québécoise. Dernier
d'une série de trois textes.
À SUIVRE... |

Un
demi-siècle d'échanges - Le Québec
reçoit de la France une reconnaissance
internationale
L'écrivaine
Marie-Claire Blais signe un premier coup
d'éclat en obtenant en 1966 le Médicis
En 50 ans, le
Québec a reçu de la France plus d'un
appui. Le mot «État» s'inscrivit
dans les échanges et les artistes
d'ici reçurent outre-Atlantique un
accueil plus que favorable. Plus
tard, des échanges économiques, mais
toujours des liens suivis. Le
ministère des Relations
internationales se souvient.
1961
Le premier ministre Jean Lesage
effectue sa première visite
officielle en France et inaugure le
5 octobre 1961 à Paris, en présence
d'André Malraux, la Maison du
Québec, qui deviendra trois ans plus
tard la Délégation générale du
Québec, assimilée à une
représentation diplomatique avec
immunité de juridiction, privilèges
douaniers et fiscaux.
Le premier ministre du Québec, Jean
Lesage, est reçu par le général de
Gaulle.
1964
Ratification de la première entente
de coopération technique
franco-québécoise entre le ministère
de la Jeunesse du Québec et
l'Association pour l'organisation
des stages en France.
1965
Le ministre de l'Éducation, Paul
Gérin-Lajoie, signe avec son
homologue français, Christian
Fouchet, la première entente
internationale du Québec: l'Entente
sur un programme d'échanges et de
coopération dans le domaine de
l'éducation. La Commission
permanente de coopération
franco-québécoise voit le jour pour
veiller à l'application des
programmes prévus dans cette
ambitieuse entente.
Le ministre de l'Éducation, Paul
Gérin-Lajoie, formule une doctrine
qui fonde en droit la liberté
d'action du Québec, sur le plan
international, dans ses champs de
compétence exclusifs.
1966
L'écrivaine Marie-Claire Blais
remporte le prix Médicis pour son
roman Une saison dans la vie
d'Emmanuel, publié chez Grasset en
France.
1967
Vive le Québec! à l'Olympia. Ce
«premier spectacle officiel du
Québec» regroupe une douzaine de
Québécois dont Gilles Vigneault,
Pauline Julien, Claude Gauthier,
Clémence Desrochers et Ginette Reno.
Félix Leclerc triomphe à Bobino.
Visite au Québec du général de
Gaulle à l'occasion d'Expo 67. Sa
déclaration faite sur le balcon de
l'hôtel de ville de Montréal a des
répercussions tant au Québec qu'au
Canada et en France.
Signature des accords
Peyrefitte-Johnson couvrant
plusieurs domaines, dont la culture
et l'éducation
1968
Création de l'Office
franco-québécois pour la jeunesse.
À l'invitation de la France, le
ministre de l'Éducation du Québec
participe à la conférence des
ministres de l'Éducation à
Libreville, une première en matière
de relations multilatérales.
1969
Depuis son passage fulgurant en 1969
à l'Olympia, Robert Charlebois est
devenu une icône de la chanson
québécoise en France.
1970
Avec l'appui du gouvernement
français, le Québec obtient le
statut de gouvernement participant à
l'Agence de coopération culturelle
et technique, devenue aujourd'hui
l'Organisation internationale de la
francophonie.
1973
Les Belles-Soeurs, de Michel
Tremblay, est présentée par la
Compagnie des Deux Chaises à
l'Espace Cardin, à Paris. Elle est
considérée comme la meilleure
production étrangère de la saison
théâtrale parisienne.
1974
Visite en France du premier ministre
Robert Bourassa, au cours de
laquelle est convenue, avec le
premier ministre Jacques Chirac, la
création du Groupe franco-québécois
de coopération économique.
1977
Le premier ministre du Québec, René
Lévesque, et le premier ministre
français, Raymond Barre, instaurent
les missions alternées dirigées par
les premiers ministres québécois et
français.
1979
Création de Starmania, de Luc
Plamondon et Michel Berger, au
Palais des congrès de Paris. Cette
production met notamment en vedette
Diane Dufresne, France Gall,
Fabienne Thibault, Nanette Workman,
Claude Dubois et Daniel Balavoine.
Starmania fut l'un des tout premiers
opéras rock francophones entièrement
chantés. Joué partout dans le monde,
cet opéra a connu de nombreuses
adaptations.
1986
Le déclin de l'empire américain, de
Denys Arcand, remporte le Prix de la
critique internationale au Festival
de Cannes et attire 1,2 million de
spectateurs en France.
1994
Signature d'un premier plan d'action
avec une région française,
Rhône-Alpes.
1996
La Commission franco-québécoise sur
les lieux de mémoire communs voit le
jour.
1997
La semaine «Cinéma du Québec à
Paris» est créée, sous la présidence
d'honneur de Carole Laure, qui sera
chaque année fidèle au rendez-vous.
De Paris, la manifestation essaimera
jusqu'à Lyon, Nîmes, Cannes, et
jusqu'à Liège en Belgique.
1998
Création du Groupe franco-québécois
sur la diversité culturelle.
1999
Inauguration du «Printemps du Québec
en France».
2000
Lancement du club économique
France-Québec.
2001
Premiers ateliers portant sur «la
France et sa coopération
décentralisée avec le Québec».
2003
Pour Les Invasions barbares, Denys
Arcand remporte au Festival de
Cannes le prix du scénario. Le prix
d'interprétation féminine est remis
à Marie-Josée Croze. En 2004, il
reçoit trois Césars: meilleur film,
meilleur réalisateur et meilleur
scénario original ou adaptation.
2004
Mission commerciale conjointe
France-Québec au Mexique, dirigée
par les premiers ministres Jean
Charest et Jean-Pierre Raffarin.
2005
Le Théâtre national de Chaillot
inaugure sa saison avec la version
intégrale revisitée de La trilogie
des dragons, de l'auteur et metteur
en scène Robert Lepage.
Création du Fonds franco-québécois
pour la coopération décentralisée.
2008
Création du Conseil franco-québécois
de coopération universitaire
Visite au Québec du président
Nicolas Sarkozy. Pour la première
fois, le président de la République
française prononce un discours à
l'Assemblée nationale du Québec.
Signature de l'entente Québec-France
sur la reconnaissance mutuelle des
qualifications professionnelles, par
Nicolas Sarkozy et Jean Charest.
Visite au Québec du premier ministre
François Fillon à l'occasion des
fêtes du 400e anniversaire de
Québec.
Célébrations en France du 400e
anniversaire de la fondation de
Québec par Samuel de Champlain,
navigateur et cartographe originaire
de Brouage, en Charente-Maritime.
2009
L'auteur, metteur en scène et
comédien Wajdi Mouawad est artiste
associé du Festival d'Avignon. Sa
trilogie Le sang des promesses,
constituée des pièces Littoral,
Incendies et Forêts, inaugure la 63e
édition du festival.
Wajdi Mouawad reçoit la même année
le Grand Prix du théâtre de
l'Académie française pour l'ensemble
de son oeuvre dramatique.
Dany Laferrière remporte le prix
Médicis pour son roman L'énigme du
retour, publié aux éditions du
Boréal, au Québec, et chez Grasset,
en France.
Création du Club des dirigeants
d'entreprises franco-québécoises,
dont le principal objectif consiste
à favoriser l'entraide parmi les
acteurs économiques oeuvrant dans
l'axe France-Québec, notamment en
jouant un rôle de mentorat et en
favorisant la mise en commun de
réseaux d'informations et
d'expériences.
2010
Xavier Dolan se retrouve, à 21 ans,
en Sélection officielle au Festival
de Cannes avec son deuxième film
autoproduit, Les amours imaginaires.
En 2009, Dolan avait remporté trois
prix à la Quinzaine des réalisateurs
avec son premier long métrage, J'ai
tué ma mère.
2011
Denis Marleau signe la mise en scène
d'Agamemnon présentée à la
Comédie-Française. Il est le premier
metteur en scène québécois invité
par la Comédie-Française à fouler
les planches de la Salle Richelieu.
***
d'après le ministère des Relations
internationales.
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Agence QMI
Robert Plouffe
04/10/2011 17h01

PARIS - Lucien
Bouchard et Louise Beaudoin sont tous
les deux d’avis que la délégation
générale du Québec à Paris a joué un
rôle crucial dans l’essor du Québec sur
la scène internationale.
Invités mardi dans le
cadre des célébrations du 50e
anniversaire de la délégation, M.
Bouchard, qui fut nommé ambassadeur du
Canada à Paris en 1985, et Mme Beaudoin,
qui a été déléguée générale pendant la
même période, peuvent témoigner du
caractère unique de cette entité.
«C’est une relation
tout à fait privilégiée», a expliqué
l’ancien premier ministre.
«En France, a-t-il
poursuivi, c’est comme si le Québec
avait l’immunité diplomatique d’un pays
souverain, ce qui n’est pas le cas. Une
délégation générale, avec un statut
reconnu dans le monde, il n’y a pas
beaucoup d’exemples.»
Louise Beaudoin
renchérit: «C’est non seulement le
vaisseau amiral, mais c’est là que tout
est parti.»
Ils estiment que les
relations entre le Québec et la France
sont de plus en plus épanouies et
dépassent maintenant les intérêts
culturels et politiques pour s’étendre
au niveau économique.
Lucien Bouchard se
souvient toutefois qu’à son arrivée à
Paris, comme ambassadeur du Canada, les
relations n’étaient pas toujours au beau
fixe entre le Canada, le Québec et la
France.
«Autrefois, il y
avait cette espèce de diplomatie
triangulaire avec parfois des conflits,
parfois des heurts. Moi, j’ai eu la
chance pendant que j’étais ici, de vivre
à un moment où on a lancé les sommets
francophones, où les rapports entre MM.
Mulroney et Mitterrand et M. Lévesque au
début étaient très positifs. Et cela a
permis de créer un nouvel air dans la
francophonie. C’était une période faste
en ce sens qu’on avait établi des
rapports très conviviaux.»
Aujourd’hui
Mais l’ancienne
ministre de la Francophonie, Louise
Beaudoin, pose un regard sombre sur
l’avenir de la langue française.
Évitant de blâmer
spécifiquement le gouvernement de Jean
Charest afin de ne pas gâcher ce 50e
anniversaire, Mme Beaudoin ne peut
retenir ce cri du cœur: «À Montréal, il
y a une détérioration, une diminution de
la présence du français. Il n’y a qu’à y
vivre, comme moi, j’y vis depuis 1989,
pour s’en rendre compte.»
Mme Beaudoin n’est
pas plus tendre envers nos cousins. «On
a l’impression par ailleurs que le
gouvernement français ne défend pas, ni
le statut, ni l’usage de la langue
française, particulièrement dans les
institutions européennes ou aux Nations
Unies.»
M. Bouchard et Mme
Beaudoin étaient les invités, mardi
soir, du premier ministre français
François Fillon, à l’occasion du dîner
marquant le 50e anniversaire de la
délégation générale du Québec à Paris.
Le premier ministre
Jean Charest, qui devait prononcer un
discours lors de ce repas officiel, aura
consacré une partie de sa journée dans
la promotion de son Plan Nord aux gens
d’affaires et investisseurs français. |
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François
Fillon rencontrera Jean Charest, Premier ministre du
Québec - Rectificatif
Le Premier ministre
François Fillon
rencontrera Jean
Charest, Premier
ministre du Québec
lors de sa visite
officielle en France
à l’occasion du 50e
anniversaire de la
Délégation générale
du Québec à Paris
Mercredi 5
octobre 2011
Programme
16h30 -
Hôtel de Matignon
Entretien avec Jean
Charest
Cour ouverte
17h15 :
Conférence de presse
conjointe - salle du
Conseil
20h00 - Quai
d’Orsay -
Entrée par le 1
rue Esnault-Pelterie
à 19h30
Dîner officiel
offert par le
Premier ministre
Echange de
toasts ouvert à la
presse – Galerie de
la Paix
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Mise à jour le mardi 4 octobre 2011 à
15 h 56 HAE
L'oeuvre La voix lactée, de
l'artiste Geneviève Cadieux, a été dévoilée mardi, dans
le métro de Paris. Il s'agit d'une duplication en
mosaïque géante de l'oeuvre qui trône sur le toit du
Musée d'art contemporain de Montréal.
L'oeuvre est située à la station
Saint-Augustin, dans le couloir de correspondance avec
la gare Saint-Lazare, un carrefour stratégique fréquenté
chaque jour par des dizaines de milliers de voyageurs.
Elle a été dévoilée en présence de plusieurs
personnalités, dont le premier ministre Jean Charest, le
président du conseil d'administration de la Société de
transport de Montréal (STM), Michel Labrecque,
l'ex-premier ministre du Québec Lucien Bouchard et le
ministre français de la Coopération, Michel Robitaille.
Le don de cette oeuvre par la STM
vise à souligner le 150e anniversaire de son réseau de
transport, à la création de laquelle la Régie autonome
des transports parisiens (RATP) avait contribué. « Le
métro de Montréal a été conçu durant les années 1960
avec l'assistance technique de la RATP, ce qui nous a
permis d'inaugurer en 1966 un système entièrement sur
pneumatiques dont nous sommes encore très fiers », a
souligné Michel Labrecque.
Je souhaite que cette oeuvre
exprime à tout jamais l'esprit de coopération et
de fraternité qui unit Montréal et Paris.
— Michel Labrecque, président du
C.A. de la STM
L'oeuvre de Geneviève Cadieux a été
choisie dans le cadre d'un grand concours s'inscrivant
dans une démarche d'échange d'art public. La Voix
lactée projette le voyageur dans l'espace du corps,
de la bouche et des lèvres, sources de la voix et du
langage.
Geneviève Cadieux est professeure
agréée au Programme de photographie de la Faculté des
Beaux-arts de l'Université Concordia, à Montréal. Elle
se consacre essentiellement à la production d'images
photographiques et d'installations de grande échelle,
dont les principaux sujets sont la représentation du
corps humain et le paysage.

L'oeuvre La Voix lactée, de
Geneviève Cadieux, dans le métro de Paris

L'oeuvre La Voix lactée telle
qu'exposée sur le toit du Musée d'art contemporain de
Montréal
Nouveau dévoilement de la fontaine
l'Embâcle
Le premier ministre Jean Charest a
aussi assisté, mardi, au dévoilement d'une plaque
présentant l'Embâcle, oeuvre du sculpteur
québécois Charles Daudelin.
La fontaine est un don du
gouvernement du Québec à la ville de Paris. Elle a été
inaugurée pour la première fois en 1984 et est de
nouveau présentée aux Parisiens après avoir fait l'objet
de rénovations, en 2011.
La cérémonie, qui visait également à
fêter les 50 ans de la Délégation générale du Québec à
Paris, a été tenue en présence du maire de la Ville
Lumière, Bertrand Delanoë.
L'Embâcle, oeuvre située sur
la place du Québec dans le 6e arrondissement, symbolise
l'obstruction des cours d'eau québécois lors du dégel au
printemps.
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L'oeuvre l'Embâcle, de
Charles Daudelin, est située à l'intersection du
boulevard Saint-Germain et des rues Bonaparte et
de Rennes, à Saint-Germain-des-Prés. |
Une plaque à la mémoire de Félix
Leclerc
Une plaque à la mémoire du grand
chansonnier québécois a également été dévoilée à Paris,
mardi.
La plaque est fixée sur la façade
d'un hôtel où Félix Leclerc a séjourné lors de sa
tournée triomphale en France, dans les années 50.
L'inscription se lit ainsi : « Félix Leclerc, 1914-1988,
séjourna ici en 1951, il donna ses lettres de noblesse à
la chanson francophone ».
La plaque a été dévoilée en présence
de dignitaires, dont la ministre des Relations
internationales Monique Gagnon-Tremblay, ainsi que les
chanteurs Guy Béart et Hugues Aufray.
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